En tant que coach professionnelle, je rencontre régulièrement des clients autour de la quarantaine qui vivent une période délicate. Tout le monde est content d'eux, ils ont gravi quelques échelons... mais quelque chose ne va plus. Ils se sont oubliés en chemin.
Le cas de Stéphanie : la réussite qui ne suffit plus
Stéphanie, 42 ans. Sur le papier, tout va bien. Elle a une belle carrière, de belles responsabilités, une voiture de société, un boulot intéressant. Ses managers sont satisfaits, ses collègues l'apprécient.
Pourtant, quand elle est venue me voir en coaching professionnel, elle m'a dit quelque chose que j'entends souvent : "Je ne me reconnais plus dans ce que je fais."
Au fil du temps, ses valeurs se sont affinées. Et elles sont aujourd'hui de plus en plus en contradiction avec son organisation.
Pourquoi la quarantaine est souvent un tournant ?
Le piège des premières années de carrière
C'est classique, et vous vous reconnaîtrez peut-être. Après les études, en entrant dans le monde du travail, nos écoles et parfois nos proches nous ont "motivés" à faire une belle carrière, sur les organisations intéressantes pour notre profil "par lesquelles il faut absolument passer".
Avec l'emballement des débuts, on était très content de cette voiture de société, de ces supers teambuildings, de la liberté que nous offraient nos premiers salaires pour voyager, s'offrir du confort.
On ne se posait pas trop de questions. On suivait le chemin tracé, on cochait les cases, on grimpait les échelons.
La construction de soi et l'émergence des valeurs
Puis, avec le temps, on a construit notre "chez nous". Peut-être que des enfants sont arrivés. On a vécu des choses, on a mûri, on a développé nos propres codes.
Et surtout, nos valeurs se sont souvent renforcées.
Ce qui nous paraissait acceptable à 25 ans (un management directif, une culture du résultat à tout prix, un manque de considération pour l'équilibre vie pro/vie perso, des valeurs écrites pour les clients non vécues en interne, …) devient insupportable à 40 ans.
Le décalage qui s'installe
Il arrive alors souvent que vers 40 ans (parfois plus tôt ou plus tard en fonction de nos chemins de vie respectifs) ces valeurs entrent en contradiction avec celles vécues dans notre organisation.
Ce décalage, au départ léger, devient de plus en plus pesant. On se dit qu'on va tenir, qu'on va s'adapter, que "c'est partout pareil". Mais la vérité, c'est que ce décalage nous use, jour après jour.
Quand les valeurs mènent au burnout
Malheureusement, je le constate régulièrement en coaching : souvent, en plus de la charge de travail et des éventuels désaccords avec la hiérarchie, le désaccord avec ces valeurs participe à l’arrivée au burnout.
Pourquoi ? Parce qu'on se bat contre soi-même en permanence. On fait des choses qui vont à l'encontre de ce en quoi on croit. C'est épuisant psychologiquement, et ça finit par avoir des répercussions physiques.
Les signes du décalage de valeurs
Comment savoir si c'est ce qui se passe pour vous ? Voici quelques signaux que je repère souvent en séance :
- Vous avez l'impression de jouer un rôle. Au travail, vous n'êtes plus vraiment vous-même. Vous portez un masque, vous dites des choses auxquelles vous ne croyez plus.
- Vous êtes en désaccord silencieux. En réunion, vous n'osez plus contredire certaines décisions qui vous semblent absurdes ou injustes. Vous acquiescez alors que tout en vous dit non.
- Vous enviez ceux qui sont partis. Quand un collègue démissionne pour un projet plus aligné avec ses valeurs, vous ressentez un mélange d'admiration et d’envie.
- Vous vous justifiez constamment. Auprès de votre partenaire, de vos amis, de vous-même... Vous passez votre temps à expliquer pourquoi vous restez, alors qu'au fond vous savez que ce n'est plus votre place.
Quelles sont ces valeurs qui changent avec le temps ?
Les valeurs typiques de début de carrière
Quand on démarre, nos valeurs tournent souvent autour de la reconnaissance, de l'apprentissage, de la sécurité financière, du statut social, de la “liberté” que permet le confort d’avoir un bon salaire. On veut prouver qu'on est capable, on veut apprendre, on veut être reconnu.
Ces valeurs ne sont pas moins nobles que d'autres. Elles correspondent à un moment de vie, à des besoins légitimes.
Les valeurs qui émergent autour de 40 ans
Je constate chez mes clients qu'avec le temps et l'expérience, d'autres valeurs prennent souvent le dessus :
- L'authenticité. On a moins envie de jouer un rôle, on veut être soi-même au travail comme ailleurs.
- Le sens. Ce qu'on fait doit avoir un impact positif, contribuer à quelque chose qui nous dépasse.
- L'équilibre. La carrière à tout prix, très peu pour nous. On veut du temps pour soi, pour sa famille, pour ses passions.
- Le respect. Des personnes, de l'environnement, des engagements. On supporte moins les comportements toxiques ou hypocrites.
- L'autonomie. On a moins besoin d'être dirigé, on veut de la confiance et de la liberté dans la façon dont on travaille.
Le cas particulier des valeurs environnementales et sociales
De plus en plus, je rencontre en coaching professionnel des clients dont les valeurs ont évolué vers des questions de transition écologique et sociale. Ils ne veulent plus travailler pour des organisations qui ne prennent pas ces enjeux au sérieux.
Ce n'est pas un phénomène marginal. En Belgique comme ailleurs, beaucoup de professionnels autour de la quarantaine ne veulent plus dissocier leur vie professionnelle de leurs convictions personnelles.
Comment s'en sortir quand on est dans cette situation ?
Prendre un moment de pause
Souvent, cela passe par un moment de pause. Un moment où on prend le temps de reprendre conscience de ce qui est vraiment important pour nous.
Cette pause peut prendre différentes formes : quelques jours de congé où on réfléchit vraiment, un arrêt plus long si nécessaire, ou simplement des rendez-vous réguliers dédiés à cette réflexion.
Se faire accompagner pour y voir clair
Un coaching professionnel, des discussions avec son partenaire, ou de très bons amis peuvent aider. L'important est de ne pas rester seul face à ces questions.
En coaching, je travaille avec mes clients sur l'identification de leurs valeurs profondes. Souvent, ils les connaissent intuitivement, mais ils ne les ont jamais formulées clairement. Les mettre en mots, les prioriser, c'est déjà un grand pas.
Ensuite, on regarde ensemble le décalage entre ces valeurs et leur situation actuelle. Parfois, c'est douloureux de le constater noir sur blanc. Mais c'est aussi libérateur.
Les deux voies possibles après cette prise de conscience
L'objectif de cet accompagnement est de voir s'il est alors :
Option 1 : Rester avec des aménagements
Dans certains cas, il est encore possible de continuer dans son travail actuel avec quelques aménagements.
- Apprendre à dire non. À certaines missions qui ne nous correspondent pas, à certaines méthodes de travail qui vont contre nos valeurs.
- Négocier sa marge de manœuvre. Peut-être qu'on peut changer d'équipe, de projet, de manager. Peut-être qu'on peut proposer des initiatives plus alignées avec nos valeurs.
- Se nourrir personnellement à côté de son travail. Si le travail ne peut pas incarner toutes nos valeurs, on peut les vivre ailleurs. Bénévolat, projets personnels, engagements associatifs...
- Réduire son temps de travail pour faire de la place à d'autres engagements qui donnent du sens.
Cette option fonctionne quand le décalage est gérable et que l'organisation offre une certaine flexibilité.
Option 2 : Réaligner sa voie professionnelle
Parfois, il est nécessaire de réaligner sa voie professionnelle, en tout ou en partie.
Cela peut vouloir dire :
- Changer d'organisation pour une autre dont les valeurs correspondent mieux aux vôtres. En Belgique, il existe de plus en plus d'entreprises qui mettent l'humain et l'environnement au cœur de leur fonctionnement.
- Changer de métier partiellement ou complètement. C'est parfois l'occasion d'un bilan de compétences pour identifier ce qui vous correspond vraiment.
- Se mettre à son compte pour incarner pleinement ses valeurs dans son travail. Beaucoup de mes clients en coaching deviennent consultants, coachs, artisans... C'est une des façons de remettre du sens, son sens dans son travail.
Le rôle du coaching professionnel dans cette transition
En tant que coach professionnelle en Belgique, j'accompagne régulièrement des personnes dans cette réflexion. Mon rôle n'est pas de leur dire quoi faire (je ne suis pas dans leur tête, ce n'est pas à moi de décider).
Mon rôle, c'est de poser les bonnes questions. De les aider à voir clair dans ce brouillard. De les accompagner dans la construction de leur plan d'action, quelle que soit l'option qu'ils choisissent.
Souvent, mes clients me disent en début d'accompagnement : "Je ne sais pas comment je vais y voir plus clair." Et je leur réponds toujours la même chose : en prenant le temps, et en ayant quelqu'un d'externe qui pose les bonnes questions, cela se fait plus naturellement qu'on ne le croit.
Et vous, où en êtes-vous ?
Vous êtes-vous perdu en chemin ? Vos valeurs sont-elles aujourd'hui encore dans la ligne de votre organisation ?
Si vous vous reconnaissez dans le portrait de Stéphanie, si vous ressentez ce décalage grandissant, il est temps d'y réfléchir sérieusement.
La quarantaine c'est une opportunité de se réaligner avec ce qui compte vraiment pour vous.
FAQ : Vos questions sur la crise de la quarantaine et les valeurs professionnelles
Est-ce normal de remettre en question sa carrière vers 40 ans ? Absolument. C'est même très fréquent. À cet âge, on a suffisamment d'expérience pour savoir ce qui nous convient ou non, et suffisamment de maturité pour oser se poser les vraies questions.
Comment identifier ses valeurs professionnelles ? En coaching, on utilise plusieurs approches : réfléchir à ce qui vous met en colère ou vous enthousiasme, identifier vos modèles, analyser vos moments de satisfaction au travail, faire des exercices de priorisation... C'est un travail progressif, mais passionnant :)
Peut-on changer de voie professionnelle à 40 ans ? Oui, et c'est de plus en plus courant. Vous avez encore 20 à 25 ans de carrière devant vous, c'est largement le temps de construire quelque chose qui vous ressemble vraiment.
Combien de temps faut-il pour faire ce travail sur ses valeurs ? En coaching professionnel, comptez :
- 5 séances pour un bilan de compétences
- 12 séances pour une réorientation
Est-ce que cela veut dire que je dois tout plaquer ? Pas nécessairement. Parfois, de petits ajustements suffisent (changement d’entreprise, changement de poste, clarté sur ses priorités, etc.). D'autres fois, un changement plus profond est nécessaire, même si on suit toujours son fil rouge, sans tout changer…
L'accompagnement en coaching permet justement d'y voir clair et de prendre la décision qui vous correspond.
Comment trouver un coach professionnel pour m'accompagner ? Cherchez un coach qui a fait des formations spécialisées, avec de l'expérience en coaching professionnel et en transitions de carrière. Les séances peuvent se faire en présentiel ou en visioconférence. L'important est de trouver quelqu'un avec qui le courant passe.
Si vous vous reconnaissez dans cette situation, n'attendez pas que le décalage devienne insupportable. Un accompagnement en coaching professionnel peut vous aider à faire le point sur vos valeurs, identifier vos options et construire un plan d'action qui vous ressemble.
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