
TDAH - La peur du changement et la mise à l'action
Cet été, on m'a offert un vol en planeur. Je craignais le mal des transports en l'air. J'ai finalement accepté, parce que conseiller à mes clients de sortir de leur zone de confort sans jamais le faire moi-même, ce serait un peu facile.
Dans les airs : tellement plus facile que prévu !
Une découverte magique ! Une connexion immédiate avec le pilote, un passionné. En plus, j'avais cette satisfaction de ne pas avoir laissé ma peur décider à ma place.
Ce que cette expérience illustre, on le voit aussi dans chaque accompagnement de coaching professionnel.
On a (trop) souvent besoin de se sentir prêt
On cherche souvent à ne plus avoir peur pour pouvoir agir. On attend de se sentir prêt et que l'inconfort disparaisse... Donc on se forme, on rêve du "grand saut", ...
Pourtant, souvent, c'est l'inverse qui marche...
Les petits pas !
Les travaux d'Albert Bandura sur l'auto-efficacité montrent que ce n'est pas la disparition de la peur qui nous rend capables d'agir, c'est davantage l'accumulation de preuves concrètes que nous avons déjà traversé l'inconfort et que nous en sommes sortis.
Chaque expérience vécue malgré l'hésitation renforce la conviction qu'on peut en traverser d'autres. La peur s'apprivoise donc dans l'action.
Ce mécanisme se déroule en 5 étapes :
- Une peur concrète, avec les scénarios qui vont avec.
- La décision d'y aller malgré tout.
- Le contact avec l'inconnu, dans un cadre suffisamment sécurisé.
- L'expérience de traverser l'inconfort sans en être empêché.
- Et l'intégration : cette expérience devient une preuve personnelle, réutilisable dans un autre contexte. "J'ai eu peur, et j'ai quand même été capable de vivre l'expérience."
Les trois zones
En coaching, on travaille régulièrement avec un modèle simple.
- La zone de confort : ce qu'on maîtrise. Les règles sont connues, les résultats prévisibles. On y est efficace, mais on n'y apprend plus grand-chose, et (parfois) on s'ennuie.
- La zone d'apprentissage : elle challenge, sans paralyser. Nouveau, impressionnant, parfois inconfortable, mais accessible et réaliste. C'est là qu'on peut vivre de la "croissance".
- La zone de panique : trop loin, trop vite, trop exposé. Contre-productif, parce que le niveau de menace perçu dépasse les ressources disponibles pour y faire face.
Le planeur, c'était ma zone d'apprentissage. Suffisamment nouveau pour que ça compte, mais aussi sécurisé pour que j'ose.
Ce que j'observe en coaching, c'est que la plupart des blocages professionnels se situent dans la zone intermédiaire.
- On a peur de proposer une idée incomplète en réunion,
- d'avoir une conversation directe avec un manager,
- de postuler à un rôle pour lequel on ne coche pas TOUTES les cases.
Pourtant, aucune de ces situations n'est objectivement dangereuse, mais le cerveau, lui, perçoit une menace comme s'il y avait un danger réel.
La différence entre quelqu'un qui avance et quelqu'un qui reste bloqué c'est donc la lecture qu'il fait de cette peur.
L'acceptation active
Ce qui peut aider dans ces cas-là ? L'acceptation active : La peur est là. Je la note, mais je peux la recadrer et choisir malgré elle.
"Je dois être certain avant de me lancer" devient "De quel niveau de certitude est réellement nécessaire pour commencer ?"
"Si j'ai peur, c'est que je ne dois pas y aller" devient "La peur m'informe sur ce qui compte pour moi, mais elle ne décide pas à ma place."
Ces reformulations sont des questions de fond sur la nature réelle de l'obstacle. Et souvent, quand on les pose honnêtement, l'obstacle change de taille, ou de nature.
Ce que sortir de sa zone de confort fait vraiment
On associe souvent la sortie de zone de confort au courage, à la résilience, à la capacité à "gérer le stress."
Les recherches de Dean Simonton sur la créativité montrent que les expériences nouvelles (activement vécues, pas juste observées) favorisent la flexibilité cognitive. Elles interrompent les schémas habituels de pensée et permettent de faire des associations qu'on n'aurait pas faites autrement.
Autrement dit : traverser régulièrement des situations nouvelles permet d'envisager des options qu'on ne voyait pas avant plus facilement. On devient donc plus agile face à des problèmes complexes.
Ce n'est pas "chercher la difficulté pour la difficulté", mais tenter régulièrement des expériences suffisamment nouvelles et suffisamment sécurisées pour élargir ce qu'on croit possible.
En coaching, ce travail prend des formes très concrètes.
- Identifier précisément ce qu'on évite et depuis combien de temps.
- Distinguer ce qui relève vraiment de la zone de panique de ce qui appartient à la zone d'apprentissage qu'on n'a pas encore traversée.
- Construire des premières expériences suffisamment petites pour être tentées, suffisamment réelles pour compter. Il m'arrive parfois de simplement commencer par demander à mes clients de changer de manière d'arriver au travail.
- Et progressivement, accumuler ces preuves personnelles qui redessinent ce qu'on se croit capable de faire.
Une question pour ouvrir la réflexion ?
Dans votre vie professionnelle en ce moment : qu'évitez-vous en attendant d'être prêt ?
Et si vous répondez honnêtement : est-ce vraiment la zone de panique ? Ou juste la zone d'apprentissage que vous n'avez pas encore traversée ?
La différence entre les deux est peut-être moins grande qu'elle n'y paraît...
Dounia Demonty - Coach professionnelle
J'accompagne des particuliers et des professionnels depuis six ans pour qu'ils avancent sur ce qui compte vraiment pour eux.
Brabant wallon, Uccle et en ligne.
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